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Mercredi 12 août 2009

-As-tu pensé aux chaussettes rembourrées ?

-Oui oui, par contre, j'ai oublié le bonnet...

 




Les valises sont enfin prêtes, bouclées et pesées. Les billets imprimables imprimés. Le départ approche, J-2.
La grosse chaleur, enfin un soleil transperçant un bleu azur, j'en profite au maximum, je m'hydrate de tout ce soleil, sachant pertinemment que tout cela va me manquer ...

L’excitation commence à prendre le dessus, à quoi ressembleront ces paysages, à quoi ressembleront ces gens dont on vante tellement la tolérance et la tranquillité ?

Vendredi, 5h35, gare de Bordeaux, c’est le petit départ pour Paris.

Paris, aéroport Roissy Charles de Gaulle, grand départ pour … Stockholm.

Cette fois, moins dépaysant mais non moins froid, la Suède m’attend. C’est à l’université que je vais poursuivre mes études pour les 6 prochains mois.

 

Voila, c’est reparti pour 6 mois, à bientôt pour plus de petites histoires !!

 

Guillaume

Par Guillaume Raboutet - Communauté : ECE Bordeaux
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Samedi 28 mars 2009





« On va pas s'dire au revoir comme sur le quai d'une gare
J'te dis seulement bonjour et fais gaffe à l'amour
Voilà, c'est fini
Aujourd'hui ou demain c'est l'moment ou jamais
Peut-être après-demain je te retrouverai
Car c'est fini...hum, c'est fini »

 

« Voilà, c’est fini » disait Jean Louis Aubert.

 

J’ai toujours rêvé de poser mes dix petits orteils sur ce sol. Voilà c’est fait.

Ici, on pleure (de joie) en arrivant et on pleure de tristesse en repartant, bienvenue chez les ch’tinois ! A la seule différence qu’on pleure aussi pendant. Jinan, on la déteste tellement que l’on finit par l’aimer (citation d’un français qui après avoir détesté Jinan, retourné en France, y est quand même revenu … presque définitivement). Cette ville, cette ambiance, ce tout me manquera (un peu), même si l’envie de rentrer est trop grande et mon dégout pour Jinan immense ! 

 

C’est avec une grande joie que je quitte enfin la Chine, mais il faut quand même avouer que j’ai un gros pincement au cœur. C’est ici que j’ai grandis d’un seul coup, que j’ai découvert un pays, une culture, des personnes. Je ne sortirai pas indemne de ce périple au travers de la Chine. C’est par la difficulté qu’on avance, et ici, j’en ai eu.

 

Le jet-lag se retourne, on revient au point de départ. J'ai le sourire bloqué tellement le bonheur de rentrer est immense. Mais je sais pertinemment que ce voyage m'a changé, même si ici, en fin de compte rien n'a changé. En rentrant, j'ai eu l'impression de reprendre le cours de ma vie normale, comme s'il ne s'était pas passé 3 mois. J'ai pourtant l'impression d'être différent, d'être un étranger, mais tous ces gens autour de moi me ressemblent, ne me regardent plus comme différent, mais cette sensation, incrustée pendant 3 mois a du mal à partir. Je suis soulagé, content, serein d'être enfin rentré.

 

Mais, je ne viens pas raconter ma vie pour une fois, je viens remercier tous ceux qui m’ont aidé avant, pendant et je l’espère, après ce voyage …

 

D’abord, sans hésitation, mes premiers remerciements vont à mes parents à ma sœur, qui ont su me soutenir dans les coups difficiles, qui ont su m’écouter, et m’aider à chaque fois que j’avais besoin d’eux.

 

Merci à Claire, Marie, Lulu, Rachel, Cyprien, Floriane et les autres, qui ont toujours été là, même avec la distance.

 

Merci à Laurence, l’oreille attentive.

 

Merci à l’ECE, Fabien, Philippe Marion, Pétra Frébault et Stephenie Ng qui m’ont donné la possibilité de faire ce stage en Chine.

 

Merci a Wang Ke, mon maitre de stage, qui aura eu toute la patience pour rendre la barrière de la langue la plus fine.

 

Merci à Gérard et son utile réseau de connaissances (Mr Hé, Gao Tian …) pour m’avoir aidé pour la vie quotidienne.

 

Merci à Monsieur Wei qui m’aura permis de visiter Pékin, et qui aura su m’aider au maximum.

 

Merci a Dantong Gu pour m’avoir hébergé pendant ces trois mois et m’avoir fait découvrir la vie à la chinoise.

 

Merci à Matue ping et Flower qui m’auront supporté pendant les heures de travail et qui m’auront appris les rudiments du chinois.

 

Et enfin, merci à tous mes lecteurs fidèles !

 

 

Merci !

 

 

Voilà, je clos ce chapitre pour en commencer un nouveau. Qui sait, peut-être allons nous nous donner rendez-vous en Suède ou en Finlande ?

 

 

 

-- THE END --

 

Par Guillaume Raboutet - Communauté : ECE Bordeaux
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Mardi 24 mars 2009

Il fallait quand même qu’après tout cela, je vous fasse un petit précis sur les Chinois, et tous les préjugés qu’on peut avoir sur eux.

Voici une petite liste non exhaustive de ce que l’on me dit le plus souvent !

 

Les Chinois sont …

 

-          Stricts : je crois que tous mes articles montrent bien le contraire. Ils ne sont point du tout stricts avec eux-mêmes (au regard de l’unique douche que la plupart des chinois prend par semaine, le savon étant nocif pour la peau paraît-il …) ainsi qu’avec la loi. Oui, le respect de celle-ci est quasiment nul. Les chinois ne respectent rien, la ceinture et le téléphone en conduisant, les interdictions de fumer… Plus que cela, j’ai eu souvent l’impression qu’ils se sentaient au-dessus de toutes restrictions. Peut-être simplement que je pensais trouver des chinois bloqués par le communisme. Mais non, on ne sent pas la dictature ici, on se sent pratiquement libre. Les chinois n’ont d’ailleurs pratiquement aucune honte, ils ont tous leur fierté, et ne se cachent pas. Quelle chance !






 

-          Raisonnables : à ce moment là, je me mets à rire. Le pire préjugé qu’on puisse avoir ! quand l’on voit une épouse littéralement péter les plombs en mettant le feu à notre appartement, en voyant des hommes d’affaires haut placés effondrés par l’alcool sur la table, quand on voit les Laoshi pousser tout le monde violemment pour rentrer en premier dans le bus, quand on voit comment ils polluent … on se rend vite compte que les Chinois ne sont pas raisonnables.

 

-          Froids : si vous croyez encore à ces préjugés, c’est que vous ne faites pas partie de mes lecteurs fidèles, dommage, il va vous falloir relire tous mes articles ! Même si jamais vous ne ferez la bise à un chinois (cela se fait entre couple, alors évitez de tendre la joue, vous allez les faire rougir, une bonne poignée de main, même aux femmes, est légion !) ce n’est pas pour autant qu’ils ne vont pas vous montrer leur affection. Tout le temps aux petits soins, ils vont essayer de vous aider au maximum.

 

-          Un peu idiots : Alors, je n’irais pas jusque-là quand même, mais il faut avouer qu’à certains moments ils m’étonnent. Mais ceci dit, ce sont les rois de la débrouille en tout genre (cf poche plastique). Au niveau culturel, ils sont très forts, mais juste culturel chinois. Le reste, tout ce qui ne touche pas à la Chine, est un peu difficile. L’histoire du monde, la géographie ou l’art … ils sont débordés. Mais point n’est de leur faute, il faut savoir qu’à la radio, vous entendrez rarement de la musique étrangère. Ah si, ils sont fans de Richard Clayderman et de Mariah Carrey. J’avoue n’avoir entendu que trois chansons étrangères en 3 mois ici, le pianiste, la bimbo, une Billy Jeans ! Pour vous rendre compte du décalage culturel, le hit de l’année dernière « Hélène, je m’appelle Hélène … » non, ne faites pas comme si vous ne vous en souveniez plus ! Les paroles en chinois et c’est parti pour le hit ! On sait maintenant ce qu’il reste à faire à Chantal Goya si elle veut retrouver un peu de célébrité !


-         
Petits et minces : Décidément, nous avons beaucoup de préjugés sur les Chinois ! Bon, bien qu’ils ne soient pas tous très grands, il y a de tout. Surtout au niveau de la nouvelle génération. Il y a des géants, des petits, des moyens, des bouffis, des obèses et des minces. Voilà comme chez nous, il ne faut pas trop s’étonner, KFC et McDonald’s sont partout …


-         
Crachent et rotent (désolé, je n’ai pas trouvé de mots plus jolis pour plaire à vos oreilles !) : non, ce n’est pas un préjugé, c’est une réalité ! C’est d’ailleurs très agréable quand on vous parle et qu’un bruit étrange sort de la bouche de votre interlocuteur, ou quand vous êtes au téléphone, au restaurant etc. avec le crachat, c’est peut être un moyen de se libérer de ce qui n’est pas bon pour le corps. J’ai compris cela au bout de deux semaines, quand j’en ai eu marre de croquer de la poussière, on se fait au crachat, et l’on comprend vite !

 

-          Mangent des nems, du chat, du chien et boivent du saké : c’est vrai que cela aurait été plus croustillant si c’était la vérité, mais ce n’est qu’un préjugé, ou alors un défaut culturel !

 

-          Travaillent dur : no comment, référez-vous à l’article précédent !

 

-          Font toujours « Peace » sur les photos  : Etonnant de voir qu’à chacune de mes photos, les gens me font avec un grand sourire le fameux geste que le monde entier connait ! Alors une petite explication s’impose, elle me vient d’un groupe d’étrangers installés depuis un moment à Jinan. Pourquoi font-ils cela ? Attention…près …

Car les Coréens le font, et tout ce que font les coréens, les chinois le font (le coup de porter de sac de sa fiancée vient de Corée …)

Les coréens le font car les Américains le faisaient (à relier à l’invasion)

Les Américains le faisaient car les anglais le faisaient (Idem)

Les Anglais le faisaient pour célébrer la « Queen Victoria », d’où le V !

Alors, il est bien possible que tout cela ne soit que légende, mais cela ne change pas le fait que tous les chinois le font, à 3ans, ils sont déjà habitués à le faire !



 



 


Mais attention, quand je dis « les chinois », vous avez tous bien compris que je parlais des habitants de Jinan, qui sont réputés dans la Chine entière pour leur bon caractère et leur sociabilité, à l’inverse des habitants de Shanghai et Beijing, qui d’ailleurs ici, ne sont pas très aimés !

 

N’hésitez pas à remplir cet article en me communiquant tous vos préjugés. Mais avant tout, je vous conseille de venir directement ici, de faire face à cette culture. D’un seul coup, on relativise et on comprend beaucoup de choses sur notre société. Il est clair que la société chinoise à beaucoup de point forts, mais aussi et encore énormément de problèmes et d’inégalités. C’est une société à part comme toutes les autres, qui je l’espère saura garder toute son authenticité.

 

A bientôt !

 

Par Guillaume Raboutet - Communauté : ECE Bordeaux
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Mardi 17 mars 2009

"Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fix, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, peyotl mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques, mieux que Sade, Rimbaud, Morrison et Castaneda, mieux que la liberté, mieux que la vie!"

Voilà une petite citation qui ne laissera pas indifférent les cinéphiles, accros de Marion Cotillard ou Guillaume Canet.  Elle n’est peut-être pas conventionnelle, mais au diable la convention, en avant les sentiments ! Celle-ci résume parfaitement la situation…

 

J’avais trouvé en Beijing une respiration, un retour dans la réalité. A Shanghai, j’ai changé de galaxie pour me transposer dans un monde réuni sur quelques kilomètres carrés. Serait-ce New York avec ses buildings défiant les étoiles ? Serait-ce Paris  avec ses immeubles à la Française ? Serait-ce Dublin avec ses petites maisons de briques ? Non, nous sommes bel et bien à Shanghai.


 

« Il faut de tout pour faire un monde » ... Malgré tout cela, cette ville reste une ville à part, c’est par ce mélange qu’elle tire sa puissance, son identité, sa typicité. Elle doit, j’en suis sûr, figurer au palmarès des plus belles villes du monde.

On trouve tout ce que l’on veut à Shanghai. Les avantages de notre société mélangés à la culture chinoise. A la différence de Jinan, Shanghai a su tirer son identité de ce melting pot. Elle a su gérer son attirance pour l’Occident, simplement parce qu’elle fut sous domination de certains pays pendant de longues années. C’est cette ambiance que j’aime à Shanghai. Pouvoir se balader dans les ruelles anciennes de la Chine, et se retrouver en face d’un building dix minutes plus tard.


 

Que l’on soit à 474 mètres de hauteur au sommet d’une des plus hautes tours du monde, se promenant sur le Bund, vagabondant dans la « French concession », ou se frayant un chemin dans la masse de Nanjing Road, on sent une ville dynamique, jeune et pleine d’espoir. Une pause à « People’s Square » ou à « Yuyuan Garden » sera le moment de s’immerger dans la nature, au plein cœur de Shanghai. Un repas dans un restaurant français, une croisière sur le fleuve « by night », se perdre dans les ruelles typiques de la vieille ville, voilà, bienvenue à Shanghai.

 



On a beau se dire que l’on est en Chine, on n’y croit pas. Certes, je vous accorderais que l’on se sait en Asie, mais en Chine … difficile à croire. Ou du moins, difficile à s’imaginer dans ce que l’on appelle une dictature communiste. Ici, on se sent libre, les immeubles nous donnent des ailes, on se sent petit, mais tellement grand à la fois. On voit les gens rayonner, ils sont beaux, ils sont propres … et ils sentent bon. Que peut-on reprocher aux dirigeants en voyant Shanghai, une ville qui donne tout ce que ses habitants veulent ? Je me pose d’un seul coup la question…


 

Peut-être, et surement que d’avoir survécu à Jinan amplifie mon sentiment, l’exagère au plus haut point. Je retrouve la civilisation (enfin, correspondance à nos critères), la propreté, la beauté, et la verdure. Ici je trouve les restaurants impeccables alors que d’autres auraient peur d’y mettre ne serait-ce qu’un orteil (Oui, on imagine mal ce à quoi peut ressembler Jinan), je me promène dans une ville propre et peu polluée. Quiconque viendrait à Shanghai, serait sûrement gêné par la pollution. Moi, point du tout, je dirais même que je retrouve mes poumons ! Dur à imaginer le retour à Bordeaux et dans ma bonne vieille campagne, quel choc cela va être ! 

Shanghai est, cependant, définitivement une ville verte. Oui, il y a des parcs magnifiques un peu partout, des massifs disséminés à tous coins de rue. Après les couleurs jaunâtres de Jinan cramée par le froid, quelle bonheur de s’allonger dans l’herbe, de la vraie, de la verte !


 

Ce fut sans aucun doute une renaissance, une sortie de la crise pour moi. Je me demande alors comment j’ai fait pour survivre à Jinan. Moi qui voulais fuir Jinan, voilà, c’est fait. Mais le départ approche, Shanghai aura été furtive, mais maintenant je ne veux plus la quitter, cette ville des plus étonnantes, je veux la comprendre un peu plus, je veux la vivre. Je veux rester là.

 

 

Petit précis du touriste à Shanghai :

 

A visiter :

 

  • Le Bund, de jour, de nuit, allez admirer l’architecture européenne. Prenez en photo la rive d’en face …

 

  • Nanjing Road, de jour et aussi de nuit … plongez-vous entre la Chine, la France et les USA

 

  • People’s square. Posez-vous, profitez.

 

  • L’Oriental Pearl Radio and TV Tower et surtout la SWFC, la 3ème plus haute tour du monde. Montez au 100ème étage pour avoir une vue imprenable sur tout Shanghai. Redescendez et appréciez le nouveau Shanghai et ses impressionnants buildings.

 

  • Yuyuan Garden, le plus beau jardin de Shanghai. Si vous voulez fuir la foule des ruelles adjacentes (qui attirent par millier les touristes), venez vous réfugier dans ce petit coin de paradis.

 

  • La french concession : baladez vous sur Fen yang Road, et perdez-vous pour tomber sur des petites maisons européennes. Rentrez dans un bar où ne seront que des européens. Mangez une crêpe bretonne à « La Crêperie ». Baladez-vous sur Huaihua Road pour admirer les superbes villas européennes. Et n’oubliez pas Xintiandi (proche de Huanpi Road) pour vous plongez littéralement au cœur de Londres, Berlin ou Paris. N’hésitez alors pas à vous asseoir à une terrasse, au soleil, pour déguster les plats typiques européens (les prix sont plus qu’abordables, même si chers pour la chine, comptez environ 7euros pour un plat).

 

  • Et puis surtout, n’hésitez surtout pas à vous perdre dans les ruelles, c’est la meilleure solution pour découvrir une ville !

 

A faire attention :

 

  • Beaucoup de gens vont venir vous parler (uniquement des chinois) surtout sur Nanjing Road. Faites attention ! Certains ont de bonnes intentions (ceux ayant souvent le contact facile, à l'inverse des habitants de Shanghai, vont venir vous parler), mais d’autres veulent aller prendre un verre … et finalement vous payer l’addition, souvent salée sur Nanjing Road.

 

  • Faites attention aux pickpockets : Shanghai est une ville surpeuplée … donc beaucoup de monde !
  • Attention au métro : chaussez-vous bien ! Les stations sont toutes très loin les unes des autres, et ne mènent pas partout ! Courage ! Il y a des masseurs pour les pieds un peu partout dans la ville … je n’ai pas testé !

 

Voilà, bon séjour à Shanghai si jamais c’est le cas et je l’espère pour vous … Shanghai, tu me reverras !

Par Guillaume Raboutet - Communauté : ECE Bordeaux
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Mercredi 11 mars 2009

Oui, vous pourriez croire que je ne fais juste que profiter de la Chine, du temps qui passe, mais non, il parait que je travaille !

 

Je travaille à la chinoise, et ceux qui croient encore que les chinois travaillent dur-dur, ceux-là se trompent, référez-vous à la poche plastique ! Bien entendu, je ne vais ici parler que de la vision du travail dans mon entreprise … à Jinan.

 

La phrase culte des chinois au travail, et seulement au travail est … « Deng Yi-Xia » (tan i sia), alors sur le coup, je vous entends tous me dire « oui, d’accord, et ? ». Voilà la traduction : « attends un peu ». Oui, il faut être patient, patient et encore patient ! La patience crée de fait la flexibilité, au diable les rendez-vous urgents, les plans de la journée…

 

La journée type n’existe alors pas, même si le schéma reste le même. Il est 20h30 quand je reçois un sms de mon maître de stage, pour me dire « demain 9.30 au bureau ». Normalement je suis censé commencer à 10h30 au supermarché. Mais peu m’importe, je suis habitué à tous ces changements de la veille pour le lendemain. Encore me diriez-vous, j’ai le temps de refaire mon emploi du temps, un peu moins quand il m’appelle à 10h pour me dire d’aller à un autre endroit, et que je suis déjà dans le bus ! Alors c’est à ce moment précis que viens la deuxième réplique culte des chinois « Mei Shi » (Mey che), ou « pas de problèmes ». Rien n’est jamais grave … pire que le légendaire flegme anglais !

 

            Vous avez alors compris que le chinois aime attendre, et il semble même aimer la lenteur, alors pour ceux qui me connaissent assez bien, vous pouvez alors vous rendre compte de la difficulté d’adaptation ! Oui … je suis tout sauf patient !

 

Les horaires pour les chinois (oui, je suis le privilégié, je travaille un peu moins que mes collègues de l’entreprise, mais plus que ceux du supermarché !) sont 8h30 – 17h30. Petit débriefe, mais alors vraiment petit de 8h30 à 9h30… l’heure à laquelle je fais mon entrée dans les locaux.

            Il n’est pas rare que les chinois ne prennent pas leur petit-déjeuner chez eux, mais ne vous inquiétez pas, ils vont le prendre, mais pendant les heures de « travail ». 10h au bureau, ces matins-là où j’y suis, toujours la même question « Ni chi le ma ? » (As-tu mangé, traduction pour ceux qui ne seraient pas encore devenus bilingues !). Bien sûr la réponse est « oui », mais direction les petits restaurants de rue pour manger une bonne soupe à la viande avec le Kebab national !

 


Ensuite, nous partons pour un soi-disant rendez-vous. Là, je me pose toujours la question : le rendez-vous est-il vraiment fixé ? Car la plupart du temps nous repartons bredouilles après avoir patienté une bonne heure, motif : « la personne que nous devions rencontrer n’est pas à son bureau, on reviendra ». Je vous vois d’ici rigoler !

 

11h30 … Repas ! Alors le repas il peut varier de 30 minutes à 2 heures, c’est comme on veut ! Mais j’avoue préférer les repas de 2 heures, c’est quand même beaucoup plus convivial !




Et là, c’est le drame. Non pas pour mes collègues à qui ça n’arrive pas pendant les heures de travail, mais ce qui arrive pour beaucoup de chinois. Le fameux « Ta He Duo Le » (ta re touo le) , communément appelé « il a trop bu ». Petite aventure qui m’est arrivée aujourd’hui même. Rendez-vous très important, avec un acheteur du même genre. La voiture pénètre dans le parking difficilement, le côté gauche frôlant le mur. L’homme sort, écarlate. Il rentre dans le magasin et comme tout Chinois, il parle fort, mais là … c’était très fort. Au bout de 5 minutes, j’ai commencé à sentir les effluves de leur délicieux (encore de l’ironie) alcool chinois. Vous pourriez croire que cela est rare, mais non, de l’avis de mes collègues, c’est même plutôt usuel. Rendez-vous annulé.

 

Le reste de la journée se ponctuera de quelques « Mei Shi » et autres « Deng Yi Xia ». Vous l’aurez alors bien compris, j’attends toute la journée que la journée se passe.

J’ai alors tout le loisir d’apprécier la culture chinoise, autant dans la vie chinoise que dans les affaires.

 

A défaut d’être particulièrement utile sur le point professionnel, ce stage sera chargé sur le point personnel. Il faut bien que ça serve à quelque chose, non ? Et ne serait-ce pas le point le plus important ? A méditer !

 

 

A bientôt !
Par Guillaume Raboutet - Communauté : ECE Bordeaux
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Profil

  • : Guillaume Raboutet
  • jet-lag
  • : Homme
  • : 04/05/1989
  • : France Aquitaine Gironde
  • : étudiant voyageur
  • : Les Voyages, j'en ai toujours rêvé. Voilà qu'aujourd'hui c'est fait. Je m'apprête à parcourir le monde pour visiter et travailler, découvrir des cultures et partager. Ici, vous trouverez mes impressions, appréhensions et compréhensions

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